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Page de résumé pour ULgetd-01252008-164752

Auteur : Kapepula, Ka
E-mail de l'auteur : domikap5@hotmail.com
URN : ULgetd-01252008-164752
Langue : Français/French
Titre : Contribution à l’amélioration de la gestion des déchets ménagers solides dans les villes de pays en développement. Le cas de Dakar au Sénégal
Intitulé du diplôme : Doctorat en sciences médicales
Département : Médecine - Département des sciences de la santé publique
Jury :
Nom : Titre :
Coyette, Jaques Membre du jury/Committee Member
Frenay, Jean Membre du jury/Committee Member
Germain, Albert Membre du jury/Committee Member
Guiro, A.T. Membre du jury/Committee Member
Lebailly, Philippe Membre du jury/Committee Member
Mairiaux, Philippe Membre du jury/Committee Member
Reginster, Jean-Yves Membre du jury/Committee Member
Porignon, Denis Président du jury/Committee Chair
Thonart, Philippe Promoteur/Director
Mots-clés :
  • sanitaire
  • environnement
  • déchets
  • gestion
  • décharge
Date de soutenance : 2007-03-07
Type d'accès : Mixte
Résumé :

UNIVERSITE DE LIEGE

Centre Wallon de Biologie Industrielle

Contribution à l’amélioration de la gestion des déchets ménagers solides dans les villes de pays en développement.

Le cas de Dakar au Sénégal

Thèse présentée par

Dominique KAPEPULA-KA-MBAYU

En vue de l’obtention du grade

de Docteur en sciences de la Santé Publique

Option : gestion hospitalière

Mars 2007

Résumé

La gestion des déchets solides en général, et celle des ordures ménagères en particulier est complexe. Elle nécessite une recherche permanente de nouvelles solutions adaptées aux conditions socio-économiques, culturelles et environnementales.

Le but de cette recherche est de favoriser une prise en charge des déchets à la base, réduire les coûts d’enlèvement et d’élimination des ordures, sauvegarder la santé publique et protéger l’environnement des villes en général et celui de Dakar en particulier. Pour y arriver, il faudrait créer un système dynamique, mobilisateur, adéquat, participatif et générateur d’emploi depuis la base jusqu’à la fin du parcours du déchet.

Sans une préoccupation économique en son sein, tout système de gestion des déchets des communautés urbaines risque de déboucher sur des problèmes de tout genre, en l’occurrence :

- des problèmes financiers ; - des problèmes d’hygiène ; - des problèmes de santé publique et environnementale.

Jusqu’à ce jour, la problématique de la gestion des déchets dans les villes des pays en développement en général et africaines en particulier, s’articule autour de plusieurs facteurs esthétique, psycho-social, médico-sanitaire, institutionnel et technique. Mais ils sont liés aussi à l’urbanisation et à l’accroissement fulgurant de la population et de manière subséquente, à des quantités d’ordures produites par les ménages, l’administration, les écoles, les hôpitaux, les marchés, les rues, les sociétés commerciales et industrielles.

En fait, les déchets solides urbains, en grande partie non séparés, non triés puisque considérés comme sans valeur et non collectés, sont déversés impunément sur des terrains vagues, dans les rigoles, des caniveaux, dans et aux abords des rivières, des ravins ou autres crevasses, où généralement ils finissent par constituer des décharges sauvages souvent responsables d’énormes problèmes environnementaux et de santé publique

Au point de vue environnemental précisément, cette situation entraîne le développement des aspects esthétiques des plus déplorables dus à l’occupation et l’encombrement des voies publiques de jour comme de nuit dans la plupart des quartiers. Plusieurs zones sont inondables dans ces villes, allant de l’inondation temporaire à l’hydromorphie.

Ces phénomènes sont de plus en plus préoccupants non seulement au niveau de la voie publique mais aussi aux abords des marchés, sur les itinéraires des bus et les places publiques. Ceci pose des problèmes de sécurité et de salubrité. Les déchets industriels et hospitaliers sont produits et évacués par les sociétés elles-mêmes et leurs risques sont mal connus

Pour les mêmes raisons que celles évoquées ci-dessus, la collecte et l’évacuation d’ordures ménagères sont confrontées à d’énormes difficultés, liées entre autre à l’inaccessibilité de certaines rues du fait de l’insuffisance de l’emprise (ruelles étroites), de l’absence de trame urbaine apparente, de la non-carrossabilité des voies ou de la défectuosité des chaussées.

De ce fait, on assiste à la prolifération de dépôts sauvages qui peuvent traîner pendant longtemps avant leur éradication complète. Ceci pose des problèmes de santé publique parfois d’envergure auxquels les populations du fait de la faiblesse de leurs revenus, ne peuvent faire face. Il existe également une faible implication de la population et une sensibilisation déficiente qui occasionnent un encombrement de la voie publique qui rend difficile la collecte durant le jour.

Le système actuel de gestion des déchets est basé sur une vision hygiénique de la situation considérant les déchets comme étant nuisibles et bons à être évacués en vrac vers la décharge brute ou sauvage sans se préoccuper des conséquences sanitaires, environnementales et économiques inhérentes.

Grâce à une prise en charge officielle des déchets à la base, à leur récupération et à leur recyclage, le système de gestion des déchets pourrait avoir moins de problèmes économique, hygiénique, de santé publique et environnementale.

Par une prise en charge à la base, nous voulons simplement dire que le déchet doit être piloté dès sa création, au cours de sa vie et jusqu’à sa mort.

Ce processus de prise en charge des déchets dès leur naissance, à l’ère des nouvelles technologies, est une filière hygiénico-économico-environnementale. C’est aussi une voie par excellence de la collecte sélective et un précurseur de la valorisation des déchets par nature.

On a pu remarquer que plusieurs concepts sont associés au déchet lui donnant ainsi une dimension pluraliste. Le déchet est associé à l’environnement, à la pollution, à la santé et à l’hygiène, à la santé publique, à la maladie, à l’épidémiologie, à la prophylaxie, à la médecine préventive, curative et promotionnelle, à la promotion sanitaire et sociale, à la prévention,…etc.

Pour la prise en charge du déchet par les populations des Pays en développement nous avons constaté que les techniques de collecte, de récupération, de combustion, de transformation en produits finis, de compostage et de méthanisation sont régulièrement utilisées et surtout de manière informelle avec plus ou moins de succès pour certaines (surtout le modèle chinois mais à faible productivité… et plusieurs échecs pour beaucoup d’autres).

Comme nous l’avons annoncé dans la 1ère partie, le choix de la décharge brute dans la quasi-totalité des villes des pays en développement, comme optique officielle pour le traitement des déchets notamment de la ville de Dakar semble être l’une des raisons de ces divers échecs avec à la base la collecte des déchets en « vrac ».

Ainsi l’absence manifeste de tri formel, est devenue une contrainte pour que le déchet évolue vers l’état de matière première secondaire.

La revue de la littérature théorique sur les déchets, nous a permis de découvrir les instruments économiques de gestion de l’environnement tels que les taxes et redevances, les droits à polluer, les permis négociables et le principe pollueur payeur.

Les études empiriques, ont montré l’importance et la multidisciplinarité d’un domaine de l’environnement que sont la production, la collecte, le traitement et leur gestion. Ces études nous ont offert la possibilité de recenser les éléments retenus par divers chercheurs comme étant la cause de l’augmentation de la production des déchets solides (absence de tri, revenu , mentalité, méconnaissance du déchet).

La gestion des ordures ménagères de Dakar évolue mais elle comporte encore certaines insuffisances.

Outre, les coûts non maîtrisés du service de voirie et les conditions partielles et défectueuses d’élimination des ordures dans la collectivité, le financement du service fait défaut :

La taxe d’enlèvement des ordures ménagères sensée couvrir les charges occasionnées par la prestation du service de voirie n’est que faiblement recouvrée.

C’est l’enjeu d’une solution viable pour ces différents problèmes qui nous a amené à chercher les causes de l’importante offre d’ordures de la part des ménages de Dakar.

Cette démarche méthodologique a consisté d’abord en l’établissement d’un cadre d’analyse ; il s’agissait d’un modèle économétrique s’intéressant aux caractéristiques des ménages. Ces caractéristiques tiennent lieu de facteurs structurels, démographiques, techniques et socio-culturels supposés avoir une influence sur l’offre d’ordures des ménages de Dakar. Cela a nécessité la conduite d’une enquête auprès des ménages concernés ; cette enquête a porté sur un échantillon de cent ménages repartis proportionnellement sur les neuf zones de collecte.

Il ressort de l’analyse des tests empiriques effectués que l’offre d’ordures des ménages de Dakar est liée à leurs caractéristiques ou comportements tels la taille du ménage, leur consentement à payer, la distance au moyen de collecte ainsi que la fréquence à laquelle les ordures sont collectées. Le facteur démographique s’est révélée être le facteur le plus significatif ; la variable taille du ménage a un impact positif sur l’offre d’ordures des ménages. Les facteurs techniques, notamment la fréquence de collecte et la distance au moyen de collecte, sont également déterminants dans la quantité d’ordures offerte. Toutefois, la fréquence d’enlèvement a un impact négatif, la distance influence positivement les ordures offertes à la collecte.

En outre, la théorie pigouvienne sur les externalités trouve confirmation dans cette étude : le consentement à payer du ménage apparaît aussi comme un facteur incontournable dans l’explication de la production des ordures ménagères.

L’insuffisance des infrastructures techniques s’accompagne d’un enclavement de certaines zones de collecte ce qui éloigne les ménages des moyens de collecte et rend rarissime la collecte des ordures ménagères. La paupérisation d’une grande partie des ménages citadins conjuguée au laxisme de la tarification des ordures entrave toute initiative de réduction de l’offre d’ordures de leur part.

Quant à la politique démographique en vigueur au Sénégal, elle n’a ni abouti à une réduction sensible du taux d’accroissement naturel de la population, ni réussi à endiguer le phénomène inquiétant de l’exode rural vers Dakar.

Une intervention adéquate de l’Etat et des autorités municipales s’avère donc nécessaire pour parvenir à l’objectif de l’amélioration du cadre de vie de la ville de Dakar.

Sans pour autant prétendre avoir formulé une théorie de gestion des ordures ménagères, l’analyse des résultats de tests empirique nous inspire quelques recommandations pour une gestion écologiquement rationnelle des ordures de Dakar.

L’analyse des facteurs influençant l’offre d’ordures des ménages de Dakar permet d’affirmer qu’une stratégie de réduction de celle-ci, doit mettre l’accent à la fois sur les variables démographiques, économiques et techniques. La mise en œuvre d’une telle stratégie nécessitera l’intervention de trois principaux acteurs de la gestion des ordures que sont : l’Etat, Dakar et la population.

La réduction de la taille relativement importante des ménages de Dakar doit se situer dans le cadre de la politique démographique du Sénégal.

Celui-ci a adopté en avril 1988 une déclaration de politique de population (DPP) qui visait entre autre, la réduction du rythme de la croissance démographique et la mise en valeur des potentialités régionales.

Dans l’esprit de cette déclaration, le plan d’orientation pour la développement économique et social 1996-2001 (IXème plan 24) a arrêté un taux d’accroissement naturel de 2.6% en l’an 2000 et de 2.2% en l’an 2015. L’offre d’ordures ménagères réagira à cette situation et baissera en conséquence.

Toutefois, l’écosystème urbain de Dakar gagnerait plus dans la délocalisation d’un certain nombre de ses unités industrielle vers le reste du pays. Ceci aurait pour effet de réduire le flux d’exodants ou d’immigrants de Dakar qui participent à la dégradation de son cadre de vie.

La politique de décentralisation dans laquelle l’état sénégalais s’est engagé peut aider à la réalisation de cet objectif. Mais la décentralisation est synonyme de transfert de certaines compétences de l’état vers les collectivités publiques et le renforcement du cadre institutionnel.

L’amélioration du service de voirie de Dakar passe nécessairement par un relâchement des contraintes institutionnelles notamment en matière d’autonomie financière. Cette amélioration doit viser en priorité les quartiers les moins desservis à cause de l’insuffisance d’infrastructures adéquates. Les coûts sociaux des populations les plus défavorisés qui y vivent doivent également être touchés.

Malgré les efforts entrepris, il existe un écart entre les missions de la collectivité et la réalité observée sur le terrain. Les défis auxquelles la ville de Dakar est confrontée sont nombreux et seront aggravés par la tendance à une urbanisation non contrôlée.

La solution au problème démographique n’est pas le seul préalable aux problèmes de dégradation du cadre de vie de population de Dakar.

A défaut d’une taxation unitaire (au poids ou au volume), une taxe qui serait en fonction des préférences des ménages est à étudier. Bien entendu, celle-ci doit être conjuguée avec une réglementation garantissant le droit de propriété de manière à éviter tout comportement déviant ou maraudage de la part des usagers du service de la voirie.

La pertinence de la liaison entre la variable CAP et les ordures que les ménages dégagent pour la collectivité autorise à penser que l’imposition d’un prix équivalent au prix de réservation variable selon les ménages serait salutaire.

Les données de l’enquête qui ont été mené a propos de la TEOM et du CAP sont assez parlantes. Alors que les données recueillies sur la TEOM révèle une moyenne annuelle de 17031,25 francs CFA , celle du CAP montre une moyenne mensuelle de 2113,75 francs CFA. Rapportés à l’année, cette moyenne s’élève à 25.365 francs CFA par ménage, révélant un Gap de 8333,75 francs CFA correspondant a un gain pour le ménage par rapport à ce qu’il paye effectivement au titre de la TEOM. Ceci révèle le laxisme du mode de tarification actuelle c'est-à-dire la TEOM essentiellement basée sur la capacité contributive des ménages.

En effet, la TEOM dont l’assiette est le revenu net des immeubles ne peut répondre à l’objectif de protection de l’écosystème de Dakar.

C’est la raison pour laquelle nous proposons une tarification qui soit fonction des préférences des usagers du service de voirie c'est-à-dire les ménages ou mieux, une évaluation nette de coût de la gestion des déchets et leur répartition entre ménages.

Si le premier mode de tarification apparaît comme étant peu incitant et requiert une claire définition des droits de propriété, le second en revanche l’est moins.

En effet, une tarification au volume ou au poids permet d’envoyer des signaux prix correspondant à une réalité des coûts et une logique économique de l’usager du service de voirie. Une telle tarification inciterait les ménages à réduire la quantité d’ordures offerte en modifiant leur comportement de consommation et/ou en accroissant les quantités récupérées en vue de les recycler.

Dans l’optique d’une tarification au volume, une collecte par récipients appropriés devrait être envisagée ; ceci pourrait être un moyen plus simple pour la collectivité (Dakar) de percevoir une redevance en l’incluant dans le prix de vente des sacs. Quant à la tarification au poids, une meilleure connaissance des charges liées à la gestion des ordures ménagères est nécessaire.

En se referant à la gestion de 1998 qui prévoyait une enveloppe de 4,5 milliards pour le budget de nettoiement et en supposant que les tendances passées de l’évolution de l’offre d’ordures vont se maintenir (soit mille tonnes par jour environ) la base d’une tarification au poids pourrait tourner autour de 13 francs CFA le Kg pour un budget de nettoiement équilibré. Qu’elle soit au volume ou au poids, une tarification, fonction des quantités de déchets rejetés par les ménages répondrait à la fois à l’objectif de réduction des ordures et à celui de l’amélioration des recettes.

L’environnement de Dakar gagnerait ainsi dans la mise en œuvre d’une politique de tarification des ordures, tout comme il gagnerait d’autres innovations dans le domaine.

Ainsi, l’emploi simultané de moyens de collecte moderne (bennes et camions) et traditionnel (les charrettes par exemple) aboutirait à une amélioration du système de collecte.

L’utilisation des charrettes aurait comme principal avantage d’accéder aux zones qui souffrent de l’insuffisance d’infrastructures routières.

Quant à l’emploi des bennes tasseuses et autres camions, il mérite d’être poursuivi. Les résultats de l’enquête ont révélé que l’utilisation des bennes tasseuses ou camions réduit la distance au moyen de collecte et possède l’avantage d’assurer au moins la régularité de la collecte. Le supplément de coût inhérent à l’utilisation de ces moyens pourrait trouver en partie une solution dans la poursuite de la privatisation actuelle du secteur des déchets urbains.

Dakar pourrait continuer à garder l’œil sur la qualité du service afin d’éviter la résurgence des dépôts sauvages.

Une autre action innovatrice consisterait dans la mise en œuvre d’une politique municipale de réduction de la pauvreté. En dehors des actions de l’Etat en la matière, la lutte contre la pauvreté doit être décentralisée de manière à permettre aux responsables municipaux de cerner le problème afin d’y apporter des réponses satisfaisantes à la fois sur le plan financier et environnemental. A cet effet, le groupement des ménages nécessiteux en coopératives artisanales dont les ordures ménagères constitueraient la matière première serait salvateur.

Pour ce geste, nous partageons entièrement l’idée selon laquelle la pauvreté serait cause et conséquence de la dégradation de l’environnement. Celle-ci se retrouve dans le rapport de la commission BRUNDTLAND en ces termes : « la pauvreté est à la fois effet et cause majeure des problèmes globaux de l’environnement. il est vain de tenter de traiter les problèmes environnementaux sans une large perspective capable de cerner les facteurs de la pauvreté mondiale et de l’inégalité internationale ».

En matière de déchets, SUKERHIRO GOTOH a retenu trois(3) causes de mauvaise prestation du service de voirie chez les pauvres urbains. elles se résument au non payement de la taxe de voirie, à leur enclavement et à l’incapacité des responsables municipaux de satisfaire tout le monde. Il s’agirait ainsi d’un cercle vicieux de la pauvreté qu’il conviendrait de dénouer.

Une gestion écologiquement rationnelle des déchets doit viser en plus de l’objectif de minimisation des déchets, les objectifs de promotion du traitement et de l’élimination écologiquement rationnelle des déchets et l’extension des services en matière des déchets urbains.

• Dakar doit mettre à la disposition de la population l’information, les techniques et les moyens d’actions appropriés pour encourager l’adoption des méthodes de recyclage des déchets et aussi promouvoir l’utilisation des produits recyclés ;

• Dakar peut recourir à l’aide de l’Etat pour financer l’installation des petites unités de recyclage des ordures dans les différentes zones de collecte. La récupération d’énergies à partir de ces unités pourrait être envisagée ;

• Mettre en œuvre une politique d’incitation à la réutilisation et au recyclables des déchets en adoptant la technique de collecte séparée des parties recyclables des déchets ménagers ;

• L’Etat doit essayer d’inclure des avantages et les obligations civiques associés à la réutilisation et au recyclage des déchets dans les programmes scolaires et les enseignements généraux pertinents ;

Les organisations non gouvernementales et les associations tels les groupements d’intérêt économique, impliquées dans la gestion des ordures, doivent en collaboration avec les autorités municipales, mobiliser la population en faveur de la réutilisation et du recyclage des déchets par des campagnes ciblées au niveau des zones les plus touchées ;

• Favoriser un transfert international de technologies adéquates, en particulier des technologies pour les établissements humains à forte densité ;

• Entreprendre la collecte et l’analyse des données en vue de fixer des objectifs et suivre les progrès réalisés ;

• Trouver un site approprié pour installer une décharge contrôlée offrant des garanties suffisantes de santé publique.

Pour ce faire, l’étude des paramètres physiques et socio-économique de la région de Dakar confirme un certain nombre d’éléments qui nous ont permis d’orienter cette recherche vers des solutions appropriées au milieu.

Du point de vue démographique (± 2 millions d’habitant ), Dakar détenait 23% de la population totale du Sénégal qui était de 8573229 hab ) lors de notre première enquête en 1999.

Cette population était concentrée sur moins de 1% de la superficie nationale avec plus de 90% d’emplois industriels. Sa croissance en termes absolus est la plus importante de tous les centres urbains du sénégal. Elle attire annuellement plus de 100.000 personnes qui quittent le milieu rural sénégalais pour s’installer dans la capitale.

Cette situation donne à la ville de Dakar une moyenne de 3.659 habitants/km2 contre 44 pour le reste du pays.

L’étude des paramètres pluviométriques de Dakar que nous avons entrepris, démontre que son contexte climatique est un peu particulier en ce qu’il enregistre 578 mm d’eau de pluie par an pour 34 jours sur 365.

Au regard, des déchets, cette absence d’eau pendant une longue période(± 11 mois sur 12) favorise un séchage rapide des déchets ce qui conditionne le traitement surtout biologique de la partie organique représentant ±66,68% du gisement global des déchet ou matières premières secondaires. Cette situation est favorable au développement de la pollution atmosphérique.

Notre étude de la nature et de la quantité des ordures ménagères de Dakar a démontré que la moyenne par habitant est pratiquement la même depuis plusieurs années (0,50 kg/h) soit depuis 1992 jusqu’à ce jour. Par contre, la quantité globalement absolue pendant ce temps n’a cessé d’augmenter passant en 7 ans de 305.713 à 395.076 Tonnes de la partie ménagère soit une évolution globale de 89.363 Tonnes (23%) plus au moins 4% par année.

Cet accroissement des déchets est subséquent à celui de la population, à l’extension géographique de Dakar du fait de la saturation des zones urbaines au taux de couverture de collecte ainsi qu’au niveau de la charge de transport.

Si rien n’est entrepris pour améliorer cette situation, nos projections montrent qu’en 2008 et 2018, la production des déchets ménagers atteindra 559.005 et 954.484 Tonnes contre 305.700 Tonnes en 1992. Par ailleurs, la population passera de 1.675.111 habitants en 1992 à 5.137.326 en 2018. Le taux de croissance des déchets sera compris entre 11 et 30% tandis que le ratio par habitant et par jour sera de 0,50.

La collecte actuelle se fait par conteneur et par système de porte à porte avec succès pour 60% des déchets produits. Cependant, plus ou moins 40% des déchets échappent à ces deux systèmes de collecte.

Cette collecte peut être améliorée par la mise en œuvre d’un système de prise en charge des déchets à la base que nous avons décrit dans la quatrième partie.

Ceci demande, comme dit plus haut de réadapter la taxation qui permet actuellement de ne récupérer tout au plus que 29% en moyenne par an des recettes s’élevant en 1997 et 1998 à 2.550.356.476 et 2.084.629.616 FCFA.

Après avoir mis l’accent sur le taux de croissance de la population génératrice des déchets et qui sont devenus à la fin de ce travail, des matières premières secondaires ; le taux de croissance de ces dernières ; Leur système actuel de prise en charge (collecte et traitement) et leur taxation en cours, nous nous sommes penchés sur l’unique cas de traitement officiel des déchets de Dakar.

L’étude approfondie de la décharge de M’beubeuss, nous a permis de découvrir que sur le plan pédologique, elle est constituée d’une succession hétérogène sablo-argileuse. Ceci rend la décharge perméable vis- à –vis des eaux de percolation susceptibles de provoquer une pollution des nappes phréatiques

Notons, cependant que la partie de trois nappes phréatiques directement sous l’influence de la décharge de M’beubeuss est moins polluée que le reste des nappes grâce au phénomène de l’écoulement hypodermique.

Ce dernier est suscité par le séchage à 100 % des déchets qui constituent finalement une barrière pour les eaux. Grâce à cette barrière, les eaux s’infiltrent jusqu’à 1 ou 2 m avant de ressortir emportant avec elles de particules des déchets qui polluent les extrémités des nappes.

Géographiquement, M’beubeuss est située en plein milieu des quartiers habités et exposés aux pressions des vents dominants du NNO vers le NNE pendant plusieurs mois de l’année.

Cette pression des vents dominants joue un rôle moteur dans le transport et la dispersion des poussières tant anthropiques (décharge de M’beubeuss) que naturelles (lithométèores) qui peuvent être responsables directes ou indirectes de certaines affections.

Notre étude épidémiologique de 1999 modifiée en 2005 sur le terrain nous a permis de constater que les zones avoisinantes à la décharge et qui sont contre les vents dominants ont un taux de mobilité compris entre 37 et 61.9% contre 30.3% qui est la moyenne générale de la région.

Une autre étude entreprise par nous même pendant plus de 5 ans, nous a permis de constater que M’beubeuss recevait en son sein en dehors des déchets ménagers, un complément annuel des déchets industriels et hospitaliers. Cet apport croissant, a permis de modifier le volume des déchets de 395.0 76 à 457.000 Tonnes par an avec un apport d’eau très limitée.

Nous avons constaté en conclusion que M’beubeuss reçoit annuellement en son sein un volume important des déchets qui est de l’ordre de 457.000 tonnes et une quantité très limitée d’eau.

• Après plusieurs tests et études sur le terrain, les résultats attestent que la décharge accuse une absence quasi totale de bio-gaz dont la production exige une quantité minimale d’eau de (457.000 T * 20 % d’eau) 91.400 m3 ou maximale de (457.000 T des déchets * 60/70 %) 274.200 m3.

• Cette insuffisance hydrique ne peut pas permettre le démarrage de la percolation d’eau dans les déchets qui déclencherait le processus de production du lixiviats.

• L’absence à la fois du bio-gaz, du lixiviats et un séchage prolongé de 11 mois sur 12, fait de M’beubeuss une décharge intermédiaire dont les risques sont plus liés à l’espace atmosphérique qu’à l’eau.

• C’est cet ensemble des paramètres environnementaux qui permettent de classer la décharge de M’beubeuss dans la catégorie de décharge intermédiaire (un peu humide et avec une longue période sèche)

• La décharge de M’beubeuss est brute et n’a de ressemblance avec une décharge contrôlée que par le volume des déchets annuellement réceptionné.

• C’est d’ailleurs ce volume annuel important réceptionné qui fait d’elle, une ressource et un gisement exploités.

• Cette situation n’est pas seulement liée aux conditions socio-économiques des zones dont le revenu est faible, comme l’affirme l’OMS, mais également aux multiples pollutions visuo-atmosphérique, chimique et bactériologique y compris la présence des métaux lourds.

• Les nuisances sonores, les odeurs, les moustiques, les mouches et les rongeurs sont le quotidien de la population environnante et c’est le résultat entre autre de l’insalubrité et le manque d’hygiène.

• Cette complexité des conditions sanitaires et atmosphériques peut être source de la prédominance des pathologies diarrhéiques, parasitaires et celles liées à la peau ainsi qu’aux voies respiratoires

Après 35 ans d’exploitation, la décharge de M’beubeuss est arrivée au terme de sa durée de vie et sa meilleure gestion exige des nouvelles dispositions techniques et financières conséquentes.

Pour réduire cette charge atmosphérique, nous nous proposons d’ériger trois stratégies :

A court terme, il s’agira de la pose d’une couverture « intermédiaire » de terre au cours du fonctionnement de la décharge afin d’empêcher l’envol des déchets et des odeurs nauséabondes de se répandre tout au tour. C’est une des solutions simples à mettre en pratique même si elle est contraire à la réalité socio-économique actuelle axée sur la fouille et la récupération des déchets au niveau même de la décharge pour plus de 350 personnes directement et indirectement pour 3500.

Pendant le temps qui séparera l’application de la première stratégie et l’avènement de la deuxième stratégie qui elle, est définitive, il faudra s’assurer d’une bonne sensibilisation et formation de la population aux techniques de prise en charge du déchet à la source ou lieu de production ou de création selon les cinq principes de Fayol, 1900 ; Pichault, 1996 et M. Weill, 2004 qui constituent les règles de base de toute gestion moderne et stéréotypée de toute entreprise organisée.

Ce temps de sensibilisation et de formation populaire, sera appelé « Période de pré-fermeture » au cours de laquelle, des économies en frais seront réalisées et à moyen et long terme, aideront à financer la création d’une nouvelle décharge (troisième stratégie) à coût modéré et la pose d’une couverture définitive de M’beubeuss qui est la deuxième stratégie (voir données disponibles sur les frais de transport des déchets à Dakar dans la quatrième partie )

Les résultats des différents tests empiriques montrent que les déchets sont liées à plusieurs variables économiques et sociales retenues dans ce travail.

C’est ainsi que les trois solutions successives ci-dessus annoncées feront l’objet de la quatrième partie et devra tenir compte des réalités socio-économique, sanitaire et environnementale de la région.

Concernant la comparaison relative (benchmarking) de 9 zones de production des déchets de Dakar (Sénégal) par la méthode d’analyse promethée, nous avons proposé une 1ère étude sur une analyse multicritère et un multiple « points de vue » de la gestion des déchets ménagers solides pour la communauté urbaine de Dakar. Cette analyse a surtout produit trois classements en termes de nuisance relative de neuf zones de cette communauté, d’après les objectifs généraux : la production, la collecte et le traitement des déchets ménagers solides.

Ces classements ont eu pour but de découvrir la plus mauvaise et la meilleure des zones en termes de nuisance, en vue de trouver des remèdes généraux et spécifiques à la situation problématique de gestion des déchets ménagers solides dans cette cité d’un pays en développement.

Aussi, un classement général et un ludex de nuisance usant de la fonction de BORDA ont été proposés et discutés.

Ce classement général peut-être mis en question à cause de la difficulté de trouver sur le champ suffisant des données sûres et pertinentes pour construire des mesures de récupération de nuisance.

Plusieurs études supplémentaires pourraient produire plus d’indicateurs raffinés pour cette mesure de nuisance. Néanmoins, le groupement des critères choisi est un premier essai pour construire une cartographie de nuisance des déchets ménagers solides et par conséquent, montrer quelques mesures d’amélioration spécifique pour chaque zone

Par une exploitation de la littérature et principalement par plusieurs observations sur le terrain, nous proposons un groupement de remèdes généraux pour l’entièreté de Dakar.

Aucun de ces remèdes ne peut être considéré comme une panacée et leur application sur le terrain devrait être considérée avec la prudence requise.

Nous devons aussi considérer que le micro-crédit est un instrument utile ou pratique pour améliorer le TRI des déchets ménagers solides qui est essentiel pour donner un bon retour dans le secteur de recouvrement et nous laisse le souvenir que le développement des petites entreprises est très important en Afrique.

Probablement, les expériences pilotes seraient triées avant une application plus générale et leurs résultats successifs plein d’espoir pouvaient encourager plusieurs améliorations.

La cartographie de nuisance serait utile pour désigner les expériences pilotes.

Ces remèdes peuvent être pris alternativement ou comme sous-ensemble des mesures d’amélioration.

En effet, les remèdes généraux, cités dans la section précédente, pour améliorer la gestion des déchets ménagers solides constituent aussi une chaîne d’améliorations, sinon ils peuvent être mis en pratique ensemble pour bénéficier de leur renforcement mutuel.

Ceci induirait des cercles virtuels en place des cercles vicieux actuels. C’est notre espérance.

1. Remèdes spécifiques pour les différentes zones de Dakar (cfr chapitre 4)

Les zones structurées Z1 à Z4 sont généralement plus riches que les zones non structurées Z 5 à Z 9 et la collecte porte à porte est plus facile et les camions compacteurs peuvent continuer la collecte.

La zone 2 a besoin d’une réduction de production principalement par séparation à la maison des matières organiques.

Pour la zone 3, la récupération du papier industriel est à encourager. la zone 4, est bonne en générale.

Les Zones sous structurées ont toutes sans exception, besoin d’une planification générale de tri, collecte et traitement adaptés.

2. Les remèdes généraux pour toute la ville de Dakar

Pour une meilleure gestion des déchets ménagers solides :

• Le premier de tous les remèdes est la nécessité de réduire la production des déchets et d’augmenter la collecte à la source ou à la base qu’il s’agisse des ménages ou des institutions (écoles, administration, hôpitaux). Des circuits spéciaux devraient être organisés pour ce genre d’ordures avec des composantes récupérables. Cette organisation réduirait drastiquement le volume de déchets envoyés à la décharge en réduisant les effets de nuisance associés aux déchets solides.

• A la suite de ce premier remède, d’autres remèdes généraux sont possibles pour le problème des déchets ménagers solides.

a. les déchets ménagers solides devraient être gérés à la maison spécialement par les femmes.

b. Donner à la femme des récipients spéciaux pour faciliter la séparation des déchets par nature en vue de recyclage.

c. Fournir des tricycles, fourgonnettes et charrettes pour faire les poubelles aux marchands itinérants et ou à des associations des femmes.

d. Le financement de l’équipement de collecte par micro-crédit doit être rendu possible.

Dans le même ordre d’idées et pour répondre à cette affirmation sur la planification générale des techniques de gestion, nous avons proposé une gestion intégrée et structurée en cinq étape : la prévention, l’organisation, la coordination, le commandement et le contrôle.

Ces principes nous ont permis d’analyser la nature des déchets de matière à s’assurer d’une gestion rationnelle menant à la valorisation des déchets par nature, source des économies. Cela veut dire que grâce à la réduction du volume à la source, nous pouvons entraîner des économies des déchets. Par la création des nouveaux produits finis, d’autres économies se créent.

Etant donné la diminution à la source de la quantité des déchets à évacuer, nous prévoyons des économies sur le coût de transport comme spécifié dans la quatrième partie, passant de 3.619.016 à 669.886 Euros soit un gain financier de 2.949.130 Euros.

Dans la nouvelle conception du centre d’enfouissement technique de Dakar préconisé avec des matériaux naturels, nous engrangerons des économies de plus ou moins (1.137.896.400-706.116 Euros) 1.137.190.284 Euros par rapport au centre d’enfouissement technique de Happe-Chapois à Namur (Belgique).

Ces diverses économies peuvent nous aider à financer la construction de la nouvelle décharge contrôlée ou C.E.T à Dakar y compris d’autres charges.

D’après nos calculs, cette nouvelle décharge contrôlée coûterait l’équivalent de 706.116 Euros.

Par ailleurs, d’autres économies proviendraient de la réduction des poussières et par ce truchement, de leur impact sur la population se trouvant contre les vents dominant telles que celle habitants les zones de Guediawaye, Pikine, Rufisque et Bargny.

L’amélioration de la santé serait le résultat de la réduction, dans ces zones, des maladies dominantes comme celles des voies respiratoires, de la peau, des parasites….etc.

Sans perdre de vue les nombreuses limites associées à ce travail, nous souhaitons qu’il ouvre la voie à des recherches ultérieures beaucoup plus poussées, de la part d’économistes, sur la question à la fois urgente et complexe de ces externalités ou source d’externalités que sont les déchets urbains. La prise en compte de l’out put « déchets dans la fonction d’utilité des ménages serait à n’en point douter, une étape décisive dans la recherche de solutions viables au problème des ordures.

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