L’évolution des versants est le résultat de l’action combinée des processus d’altération et
de transport sédimentaire. Même si il est généralement admis que l’efficacité de ces processus
varie en fonction du climat, la quantification de l’influence climatique sur l’érosion des versants
reste encore peu développée aujourd’hui. S’inscrivant dans cette problématique, notre étude
est consacrée au développement d’un nouveau modèle numérique d’érosion des versants, ayant
pour objectif de mieux représenter, à différentes échelles de temps, les multiples aspects
du contrôle climatique sur les processus de transport de sol. Ce modèle numérique permet de
simuler l’évolution de l’épaisseur de sol et du relief à l’échelle d’un versant; il repose sur une
paramétrisation simple de la production de sol couplée à une paramétrisation multi-processus
du transport de sol, qui comprend plusieurs variables en étroite relation avec le climat (débit
de ruissellement, épaisseur de couche active). Le calcul de ces variables est réalisé sur base de
séries temporelles de précipitation et de température avec l’aide d’un modèle de transfert de
chaleur et d’un modèle de bilan hydrologique. Le comportement du modèle a été étudié au travers
de quelques exemples génériques et d’analyses de sensibilité. Les résultats obtenus montrent
des différences significatives dans la façon dont se comporte chaque processus de transport sous
conditions climatiques variables, et également dans la manière dont chaque processus affecte
l’érosion globale des versants. Ces résultats mettent ainsi en lumière l’importance de la paramétrisation
multi-processus du transport de sol dans la modélisation de la réponse des versants
aux changements climatiques. Nous avons également développé une méthode associant le modèle
d’érosion de versant à un algorithme d’inversion (Neighbourhood Algorithm). Cette méthode a
permis de caractériser de manière quantitative l’évolution des versants ardennais (NE Belgique)
lors du dernier cycle glaciaire-interglaciaire, sur base d’un scénario climatique simple et de nombreuses
données topographiques et d’épaisseurs de sol. Les résultats de l’inversion produisent
des prédictions en accord avec certaines observations sur la morphologie des versants ardennais
ainsi qu’avec des taux d’érosion estimés indépendamment sur base de concentrations en isotopes
cosmogéniques, même si on montre que la distribution actuelle des épaisseurs de sol ne renferme
pas assez d’information pour déterminer entièrement les taux de production et de transport de
sol lors des périodes froides et tempérées du dernier cycle climatique. Les résultats de l’inversion
suggèrent des taux de transport de sol bien plus élevés lors de la période froide que lors de la
période tempérée, produisant une succession de systèmes limités par la production de sol d’une
part (période froide), et par le transport de sol d’autre part (période tempérée). Un pic de transport
de sol est prédit lors des transitions entre ces périodes. Les résultats laissent également
suggérer qu’un équilibre dynamique en terme d’épaisseur de sol a été récemment atteint dans
les parties convexes des versants, alors que des sols peu épais observés dans les parties concaves
pourraient correspondre à des traces de la distribution des épaisseurs de sol qui prévalait lors de
la dernière glaciation./Hillslope evolution results from the combined action of weathering and sediment transport
processes, which are thought to be both influenced by climate. Yet, the strength and nature of
the connection between climate and hillslope erosion remain poorly understood at a quantitative
level. In this study, we present a new numerical model of soil production and transport, which
aims to better represent, at different time scales, the climate control on soil transport. The
numerical model operates at the scale of a single hill and predicts the rates of soil thickness
and elevation change, by using a simple parametrization of soil production and a multi-process
parametrization of soil transport which includes climate-dependent variables (overland flow discharge
and active-layer depth). Simple ground heat transfer and water balance models are used
for calculating these variables from time-series of precipitation and temperature. The behaviour
of the model has been studied through a few simulation examples and sensitivity analysis. The
results highlight the importance of considering multi-process parameterization of soil transport
when modelling the response of the hillslope system to climate variations, as these results display
significant differences on how each transport process behaves under various climatic conditions
and on how each process affect the evolution of the system. Our numerical model has also
been combined with an inversion scheme (Neighbourhood Algorithm) to extract quantitative information
on the evolution of hillslopes in the Ardenne (Belgium, NW Europe) during the Last
Glacial-Interglacial Cycle, using a simple climatic scenario and a unique set of topographic and
soil thickness data. Model predictions based on inversion results are consistent with independent
observations on hillslope morphology and cosmogenic nuclide-derived erosion rates, although the
inversion results show that soil production and transport rates under both the cold and warm
phases of the last climatic cycle cannot be fully constrained by the present-day soil thickness
distribution. The inversion results suggest that soil transport is by far more efficient during
the cold climatic phase than during the warm phase, resulting in the succession of weatheringlimited
(cold phase) and transport-limited (warm phase) systems. Maximum soil transport rates
are predicted during the transitions between the cold-warm phases. The results also suggest
that a soil thickness dynamic equilibrium has been recently reached on convex regions of the
hillslopes, while shallow soils found in convergent areas may be the relics of the soil thickness
distribution that formed during the cold phase.