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Page de résumé pour ULgetd-03312008-182502

Auteur : Küpper, Achim
E-mail de l'auteur : A.Kupper@ulg.ac.be
URN : ULgetd-03312008-182502
Langue : Allemand/German
Titre : "Poesie, die sich selbst spiegelt, und nicht Gott". Reflexionen der Sinnkrise in Erzählungen E.T.A. Hoffmanns
Intitulé du diplôme : Doctorat en langues et lettres
Département : Philo & Lettres - Département de langues et littératures modernes
Jury :
Nom : Titre :
Hofmann, Michael Membre du jury/Committee Member
Steinecke, Hartmut Membre du jury/Committee Member
Viehöver, Vera Membre du jury/Committee Member
Pontzen, Alexandra Président du jury/Committee Chair
Gerrekens, Louis Promoteur/Director
Mots-clés :
  • modernism/modernité
  • intermediality/intermédialité
  • self-reflection/autoréflexivité
  • intertextuality/intertextualité
Date de soutenance : 2008-04-25
Type d'accès : Public/Internet
Résumé :

Portant sur l’œuvre littéraire d’E.T.A. Hoffmann (1776-1822), notamment sur les récits « Das Fräulein von Scuderi » et « Doge und Dogaresse » qui sont traités comme des paradigmes de l’œuvre, le travail s’est proposé comme objectif de mettre en évidence le fonctionnement intertextuel des ouvrages de cet auteur. En effet, bien qu’elle ait eu ses prédécesseurs en ce qui concerne l’intertextualité chez Hoffmann, l’étude met au jour tout un réseau de références cachées (c.-à-d. non marquées) à d’autres œuvres qui, jusqu’à présent, sont passées inaperçues, entre autres :

- des recours systématiques à d’autres textes littéraires (en premier lieu aux œuvres de Heinrich von Kleist et de Ludwig Tieck, et, à part cela, à des écrivains aussi divers que Boccace, Molière, M.G. Lewis ou Novalis) ;

- des renvois précis et bien élaborés à la Bible et à la mythologie de l’Antiquité ;

- des citations de sources historiques ;

- des recours à la peinture (entre autres Rubens, Canaletto, Hogarth, Goya, C.W. Kolbe) et à la sculpture (Michel-Ange), intégrant des éléments spécifiques de ces œuvres en tant que composants narratifs au sein des récits ;

- des références à l’opéra (Mozart : « Don Giovanni » et « Die Entführung aus dem Serail » [« L’Enlèvement au sérail »]) ou à la Commedia dell’arte ;

- des indices poétologiques (y compris des renvois aux poétiques d’Aristote ou de Boileau) inscrits dans l’œuvre même tel un commentaire inhérent au texte ;

- des références ‘extratextuelles’, c.-à-d. des allusions aux développements politiques et sociaux de l’époque scrupuleusement cachées, dépassant le domaine des artéfacts et qui, en quelque sorte, livrent des explications ‘extérieures’ aux phénomènes textuels observés, tout en révélant des aspects d’une critique sociale allusive et sous-entendue (le souverain, par exemple, y est nié en tant que centre positif d’un État absolu et en tant que représentant de Dieu sur terre) sans jamais trouver, cependant, une issue de l’ambiguïté élémentaire qui pénètre l’œuvre même jusqu’au fond de la sphère sociopolitique.

La fonction principale de ces éléments consiste dans ce que cette étude décrit comme « l’autoréflexion » de l’œuvre même, c.-à-d. dans une réflexion de ses antécédents littéraires ou artistiques, de sa propre place dans l’histoire littéraire par le biais d’une citation d’autres œuvres, celles-ci étant reflétées comme apparentées ou comme opposées. Ainsi, la thèse poursuit le chemin déjà indiqué par R. Homann (Munich 1986) qui, en partant des drames de Lessing et, surtout, de Kleist, avait démontré d’étonnants aspects d’une autoréflexion de la littérature chez ces deux auteurs (et avait postulé le même caractère autoréflexif pour les successeurs dans le domaine de la littérature qualifiée par elle de littérature « esthétique ») parmi lesquels on peut également, d’après les résultats du présent travail, bel et bien ranger Hoffmann qui, dans sa propre œuvre, livre d’une manière bien précise la suite logique, conséquente et radicale du modèle établi par ses antécédents littéraires. L’idée centrale du concept de l’autoréflexion de la littérature est que, après les résultats bouleversants des Lumières ainsi qu’en réaction contre l’esthétique hégélienne du « beau » et en relation avec la proclamation de la « fin de l’art », l’œuvre « esthétique » (par opposition à l’œuvre « naïve ») ne peut plus continuer à représenter simplement ‘le monde’, mais, en même temps, elle est dorénavant forcée à se représenter ‘elle-même’. C’est à cause de la disparition du narrateur omniscient qui était le garant d’une histoire unifiée et à cause de la mise en question de la narrabilité d’un monde qui est considéré comme étant devenu absurde que, dans les textes de certains auteurs, la littérature commence à parler d’elle-même. Par conséquent, les textes d’Hoffmann – cette recherche s’efforce bien de le démontrer – sont lisibles à la fois comme des narrations d’une histoire et, sur un deuxième plan « esthétique » ou « autoréflexif », comme des narrations de la narration, c.-à-d. comme des textes qui traitent implicitement de l’acte d’écrire, qui contiennent leurs propres ‘commentaires’, qui comportent une sorte d’histoire littéraire inhérente. C’est ce plan autoréflexif que cette étude essaie de déchiffrer, et c’est dans ce contexte que les récits d’Hoffmann témoignent d’une modernité avant la lettre. Signes incontestables d’une intrusion du « dehors » dans un intérieur dont on avait pensé qu’il était protégé et à l’abri des menaces de la multiplicité, symptômes d’une contamination du « moi » par les puissances sous-jacentes de « l’autre » devenues inévitables, les recours autoréflexifs à d’autres œuvres témoignent d’une crise d’identité fondamentale et bouleversante, d’une identité ‘déchirée’ de l’œuvre d’art ainsi que de sa propre mise en cause de son caractère unique.

Au bout d’une analyse de ces aspects à la fois, si l’on veut, ‘intertextuels’ et ‘intermédiatiques’ à laquelle la thèse s’est engagée, elle a, finalement, découvert un lien plus étroit et plus profond entre l’autoréflexivité de l’œuvre d’une part et, d’autre part, la disparition d’une vérité absolue au ‘milieu’ de ces œuvres, c.-à-d. la « perte du centre » qui constitue le deuxième grand volet de l’étude. En effet, au cours des analyses, l’étude s’est retrouvée face à des irrégularités troublantes dans les profondeurs incommensurables au-dessous de la surface saine des textes, à des ruptures narratives et à des contradictions immanentes qui sont cachées ‘à l’intérieur’ des récits et que la thèse s’est, dès lors, efforcée de mettre en évidence. C’est aussi par ces fractures internes que les textes d’Hoffmann suivent les œuvres de Kleist au-delà des sentiers battus de la narration traditionnelle ou « naïve », œuvres qui sont, elles-mêmes, marquées de ruptures fondamentales. C’est par ces fractures internes, également, que les récits d’Hoffmann parlent de la disparition d’un Dieu unifiant dans un univers brisé, dénué de sens, voire totalement absurde et, à cet égard, décidément « kafkaïen » bien avant la lettre, tandis que les références à « l’autre » tournent autour d’un centre vide, sans jamais pouvoir remplir la place laissée libre par la foi perdue. Et c’est par ces fractures internes, finalement, que les textes témoignent d’une négation des idées telles que les romantiques (parmi lesquels on a bien trop souvent rangé Hoffmann) les postulaient, ainsi que d’une « décentralisation » du « moi » et du « monde » dans une œuvre qui, à travers l’image de la chute de l’homme, semble être tombée dans l’obscurité, poussée loin au-delà des lumières d’une clarté divine. Cette « perte du centre » décrite dans la thèse finit par révéler des correspondances surprenantes dans le domaine littéraire avec ce que H. Sedlmayr, dans son travail sur la peinture et les arts plastiques des 19e et 20e siècles (Salzbourg/Vienne 1948), a appelé la « perte du milieu », terme par lequel il désigne la disparition catastrophique et (à ses yeux) regrettable d’un Dieu qui fut, un jour, au centre naturel de l’art et du monde spirituel, mais qui, depuis l’apparition de ce que Sedlmayr décrit comme un tournant historique autour de la Révolution Française, n’est plus saisissable que par les signes de son absence. Mais bien que la thèse cherche à établir des liens entre les phénomènes textuels observés d’une part et des événements ou changements historiques d’autre part – et notamment à trouver des explications à ces phénomènes dans ce qu’elle décrit comme la « révolution triple » (industrielle, métaphysique, sociopolitique) entrant en scène autour des années 1800 –, elle aboutit, finalement, au diagnostic d’une « crise de sens » plus vaste, plus complexe et plus profonde qui se manifeste dans les œuvres d’E.T.A. Hoffmann et qui paraît continuer de s’emparer de l’histoire de l’homme jusqu’à nos jours.

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