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Page de résumé pour ULgetd-06252012-162033

Auteur : Moula, Nassim
E-mail de l'auteur : Nassim.Moula@doct.ulg.ac.be
URN : ULgetd-06252012-162033
Langue : Français/French
Titre : Biodiversité avicole dans les pays industrialisés et en développement : caractérisation et étude des performances de production de races gallines locales Exemple de la Belgique, de l’Algérie, du Vietnam et de la République démocratique du Congo
Intitulé du diplôme : Doctorat en sciences vétérinaires
Département : FMV - Département des productions animales
Jury :
Nom : Titre :
CABARAUX, Jean-François Membre du jury/Committee Member
CLINQUART, Antoine Membre du jury/Committee Member
DEHOUX, Jean-Paul Membre du jury/Committee Member
DETILLEUX, Johann Membre du jury/Committee Member
HORNICK, Jean-Luc Membre du jury/Committee Member
MARLIER, Didier Membre du jury/Committee Member
SCIPPO, Marie-Louise Membre du jury/Committee Member
THEWIS, André Membre du jury/Committee Member
THYS, Eric Membre du jury/Committee Member
GILLET, Laurent Président du jury/Committee Chair
FARNIR, Frédéric Promoteur/Director
LEROY, Pascal Promoteur/Director
Mots-clés :
  • Aviculture familiale ; Biodiversité ; Caractéristiques morpho-biométriques ; Qualité des œufs ; Poul
Date de soutenance : 2012-04-24
Type d'accès : Public/Internet
Résumé :

Les ressources génétiques animales sont capitales pour le développement durable de la production de volaille. Néanmoins, une érosion graduelle et régulière des ressources génétiques touche les races disponibles à l'échelle mondiale.

L’expansion des maladies et d’épidémies, de catastrophes naturelles, de conflits menaçant également ces ressources, soit par leur disparition directe ou indirecte suite à la dégradation du pâturage et de l’habitat de ces animaux.

Les races de poules traditionnelles contribuent significativement à la production de viande et d’œufs. Les races indigènes représentent plus de 80 % de la population de volaille mondiale (Besbes, 2009). Cependant, la majorité de ces races n’ont pas été décrites et sont mal connues. Selon la FAO, environ 40 % des races aviaires ont un statut de risque inconnu (FAO, 2008). Ainsi, des efforts considérables sont nécessaires pour évaluer ces races.

La gestion efficace des ressources génétiques animales en général et aviaire en particulier, nécessite une identification préalable des races concernées. Mais également, nécessite la connaissance de leurs effectifs (taille des populations), leur distribution géographique (leurs habitats) et, dans le cas où les moyens financiers le permettent, leur diversité génétique.

Le travail qui suit constitue une caractérisation et une valorisation de la poule locale en Kabylie (Algérie), au nord du Vietnam, au Bas-Congo (République Démocratique de Congo) et des différentes variétés de la poule Ardennaise encore existantes en Belgique. Il s’agit de rappeler leurs origines (ou du moins d’évoquer des hypothèses possibles), leur patrimoine génétique visuel (morphologie), leurs performances zootechniques de chair et de ponte et de brosser le portrait des animaux actuels, celui de leurs éleveurs et de leur pratiques d’élevage.

Première Partie : Evaluation de la situation actuelle d’une race de poule belge : Ardennaise

1. Situation actuelle des races de poules belges (article de revue)

La Belgique possède un très riche patrimoine génétique avicole. La poule, avec une quarantaine de races et plusieurs centaines de variétés, tient une place importante dans le bestiaire des races domestiques belges et européennes. Toutefois, ces races de poules traditionnelles figurent parmi les ressources génétiques animales les plus menacées du monde. En effet, seuls les effectifs de deux races belges dépassaient les 1.000 sujets (la Maline : 1.637 et le Barbu d’Anvers : 1.471) et plus de la moitié (52,63 %) des races abordées dans ce travail ne dépassaient guère les 100 sujets par race.

Face à cette dégringolade des effectifs des races belges, une politique de conservation est plus que nécessaire et urgente.

Trois étapes de réactions sont nécessaires pour la conservation des ressources génétiques avicoles belges : inventorier ces races, comprendre leur situation (histoire, évolution et situation actuelle) et enfin agir (sélection, cryoconservation, multiplication…).

2. Caractérisation Morpho-biométrique de l’Ardennaise

• 1ère étude (2ème article original)

Les animaux utilisés pour la caractérisation morpho-biométrique étaient tous adultes et provenaient des élevages de la société CoqArd et de 5 éleveurs amateurs. Au total, l’étude a porté sur 174 spécimens des huit variétés existantes, Bleu à camail doré (BCD : 18), Saumon bleu doré (BD : 14), Noir à camail argenté (NA : 42), Noir à camail doré (ND : 51), Noir à camail doré et poitrine liserée (NDL : 23), Saumon doré (SD : 12), Saumon argenté (SA : 16) ainsi que la Famennoise (FAM : 7) souvent considérée comme la variété blanche de l’Ardennaise.

Les principaux caractères la race Ardennaise sont : une crête simple (r+p+), de texture plutôt fine, régulièrement dentelée avec 5 à 7 dentelures, de couleur rouge foncée, se détachant bien de la nuque chez les coqs, plus petite et pliée chez les poules, des barbillons et des oreillons rouges foncés, des becs moyens, courbés, principalement de couleur corne foncé, des yeux bruns foncés (br id+/M) avec des paupières noirâtres, un corps allongé, des ailes longues, bien serrées au corps, de longues faucilles, des cuisses minces, des pattes fines de couleur principalement foncée (i+ b+ Mo+ W+ id+/M). La variété blanche d’Ardennaise (la Famennoise) était la plus lourde (2.500 g) avec un poids significativement supérieur (p < 0,0001) aux autres variétés qui présentent des poids variant de 1.485 g à 1.690 g. De même, pour les autres paramètres morpho-biométriques, la Famennoise présentait des valeurs significativement supérieures (p < 0,05) aux autres variétés.

3. Performances de croissance de la poule Ardennaise

Le présent travail évalue les performances zootechniques de la poule Ardennaise, dans le but d’assurer sa valorisation et sa conservation. Cinq études ont été réalisées dans le but de déterminer la courbe de croissance de l’ardennaise :

• 1ère étude (1er article original)

L’étude a été réalisée au Centre de sélection de la société CoqArd (Nandrin). Les poussins (114 sujets) ont été élevés au sol sur un parquet recouvert d’une litière de sciure de bois dans le même bâtiment en dur, ventilé mais non climatisé. Ils ont été élevés sous des lampes chauffantes. La température de la pièce était réglée manuellement suivant le comportement des poussins sous la lampe. L’éclairage est maintenu en continu dès le début. Les animaux, variétés toutes confondues, ont été pesés individuellement, une fois par semaine à heures fixes, depuis le jour de l’éclosion (j0) jusqu’à la semaine 12, à l’aide d’une balance électronique (précision de 0,01 g). L’indice de consommation (IC) a été calculé et la mortalité a été relevée. A douze semaines d’élevage, les poulets présentaient un poids moyen de 1.041,63 ± 209.31 g (coqs : 1.149,90 ± 221,00 g, poules : 913,88 ± 89,35 g). Le Gain Quotidien Moyen (GQM) pour l’ensemble de la période d’élevage et de l’effectif est de 12,04 g. L’indice de consommation (IC) enregistré à la fin de l’élevage est de 4,41. La mortalité enregistrée lors de cette première étude est de 4,38 %.

• 2ème étude (1er article original)

Cette deuxième étude a été réalisée dans les mêmes conditions d’élevage que la première étude. Cent septante deux poussins ont été suivis pendant 17 semaines d’élevage. Pour avoir des groupes de variétés représentatifs, quatre groupes ont été constitués. Le premier (groupe ND) comportait les variétés noires dorées (liserées ou non liserées); le deuxième (NA) comporte les variétés noires argentées (liserées ou non liserées); le troisième groupe est composé des différentes variétés saumonées; le dernier groupe, relativement peu peuplé, comporte les poulets de la variété bleu dorée. Les poids atteints à 17 semaines d’âge étaient comme suit :

BD : 1.335±97g (coqs : 1.505±137g ; poules : 1.165±137 g)

NA : 1.671± 32g (coqs : 1.933±42 ; poules : 1.408±49 g)

ND : 1.506± 20g (coqs : 1.687±30 ; poules : 1.324±26 g)

S : 1.479± 38g (coqs : 1.734±56 ; poules : 1.223±52 g)

Ensuite, les paramètres de la courbe de croissance des quatre groupes de variétés ont été estimés en fonction de sexe, selon l’équation de Gompertz.

Les équations de Gompertz estimées pour l’ensemble de l’élevage sont :

Pour les mâles :

Pour les femelles :

• 3ème étude (2ème article original)

Les performances de croissance de 759 poulets appartenant à sept variétés d’Ardennaise (BCD : 52 ; BD : 66 ; NA : 209 ; ND : 219 ; NDL : 78 ; SD : 53 ; SA : 82) ont été suivis pendant 16 semaines d’élevage. À l’âge de 12 semaines, la variété NA avait présenté des coqs plus lourds que les autres variétés avec un poids moyen de 1.264 g, suivies par les variétés SA et SD avec des poids moyens respectifs de 1.226 g et 1.238 g, des poids significativement supérieurs (p < 0,05) aux autres variétés qui n’avaient présenté aucune différence significative entre elles (p > 0,05). Les coqs des variétés BCD, BD, ND et NDL pesaient en moyenne respectivement, après 12 semaines d’élevage, 1.194 g, 1.202 g, 1.188 g et 1.157 g. Chez les poules, le poids moyen enregistré à la même date variait de 845 g pour la variété BD à 941 g pour la variété NA. Les variétés BCD, NA, ND, NDL et SD qui présentaient des poids moyens plus ou moins proches (aucune différence significative, p > 0,05) et variant entre 907 à 941 g, étaient significativement (p < 0,05) plus lourdes que les variétés BD (845 g) et SA (877 g). Comme chez les coqs, les poules de la variété NA avaient enregistré les poids les plus lourds (1.226 g) ; cependant, aucune différence significative au seuil de p < 0,05 n’a été observée avec les variétés BCD, ND et NDL qui font respectivement 1.185, 1.198 et 1.186 g.

• 4ème étude (2ème article original)

Le but de cette étude est de comparer la croissance des différentes variétés d’Ardennaise (BD : 34, NA : 81, ND : 135, NDL : 39, SD : 70, SA : 53) et de la Famennoise (FAM : 51) à celle des poulets Label belge : le CoqArd (COQARD : 38) et le Coq de Pêche (COPECHE : 45). La comparaison a aussi été élargie au croisement entre la Famennoise et l’Ardennaise ND (FARD : 27). À 12 semaines d’âge (l’âge moyen d’abattage du poulet label en Europe), aucune différence significative (p > 0,05) n’a été enregistrée entre les variétés BD et NDL et entre la NA et la SA chez les mâles, et entre les variétés ND, NDL, SA et SD. La différence du poids entre mâles et femelles était significative (p < 0,0001) dans toutes les souches et variétés. Le poulet label COPECHE est de loin le plus lourd (2.508 g pour les coqs et 2.040 g pour les femelles des poids significativement supérieurs à ceux des autres groupes génétiques (p < 0,0001), suivi par la Famennoise (2.052 g pour les mâles et 1.519 g pour les femelles), le COQARD (avec 1.619 et 1.305 g chez respectivement les mâles et les femelles et constituant ainsi des poids supérieurs (p < 0,001) aux différentes variétés colorées d’Ardennaise et du croisement FARD), le FARD (1.415 g pour les mâles et 1.141 g pour les femelles, significativement supérieurs aux autres groupes génétiques p < 0,05) et aux autres variétés d’Ardennaise, la BD (1090 g pour les mâles et 837 g pour les femelles), la NA (1.192 g pour les mâles et 988 g pour les femelles), la ND (1.227 g pour les mâles et 914 g pour les femelles), la NDL (1.105 g pour les mâles et 894 g pour les femelles), la SA (1.148 g pour les mâles et 902 g pour les femelles) et la SD (1.246 g pour les mâles et 915 g pour les femelles).

• 5ème étude (3ème article original)

Cinquante neuf poussins de la race Famennoise (encore dite variété blanche) ont été élevés au Centre d’expérimentation de Malagne-la-Galloromaine (Rochefort). Un suivi hebdomadaire du poids des poulets a été enregistré jusqu'à l’âge de 15 semaines. L’indice de consommation (IC) a été calculé et la mortalité a été relevée à la fin de l’élevage.

Les poulets ont présenté à 15 semaines d’âge un poids moyen de 2.191,91 ± 48,31 g et une mortalité de 15,25 %. L’indice de consommation à 15 semaines d’élevage était de 4,07.

Les équations de Gompertz estimées pour la famennoise sont :

Pour les mâles :

Pour les femelles :

4. Performances de ponte de l’Ardennaise

• 1ère étude (1er article original)

Le suivi de la ponte a concerné vingt-sept poules. Les poules ont été élevées au sol. La ponte a été enregistrée de la semaine de ponte 1 à la semaine 70. Chaque semaine, les œufs ont été récoltés et pesés (balance électronique, précision 0,01 g). Le poids moyen a été ensuite calculé en divisant le poids total des œufs pondus par le nombre d’œufs pondus chaque semaine. Les œufs anormaux (souillés, cassés, à la coquille fragile, sans coquille…) ont été éliminés.

Le début de la ponte était en moyenne à l’âge de 175 jours. Elles avaient pondu en moyenne 186 œufs en 52 semaines et 237 œufs en 70 semaines de ponte. Le poids moyen des œufs durant les 70 semaines de ponte n’excédait pas 52 g.

• 2ème étude (2ème article original)

Dans cette étude, le suivi de ponte avait concerné 20 poules élevées dans les mêmes conditions que la première étude. La ponte a été enregistrée de la semaine de ponte 1 à la semaine 52. La ponte a commencé à la 25e semaine d’âge. Le taux de ponte a varié de 9 % lors de la première semaine de ponte à 78 % à la 16e semaine de ponte. Le taux de ponte moyen calculé sur une période de 52 semaines était de 50 %. Chaque poule avait pondu en moyenne 184 œufs.

Le poids moyen des œufs durant les 52 semaines de ponte était de 52 g.

5. Qualité des œufs de l’Ardennaise

• 1ère étude (4ème article original)

Des œufs frais de 4 races de poules : Ardennaise (1), Famennoise (2), Coqard (3) - croisement coq Ardennais avec une poule à croissance lente d’origine française - et IsaBrown (4) ont été étudiés. Les analyses ont été effectuées le lendemain de la ponte (sur des œufs d’un jour) au Laboratoire “Egg Quality and Incubation Research Group” de la Katholieke Universiteit Leuven (KUL). L’âge des poules était de 56 semaines.

La qualité externe et interne des œufs a été contrôlée. Après numérotation des œufs, des mesures ont été effectuées; il s’agit de l’indice de forme au poids des différents composants de l’œuf : rigidité dynamique, force maximale de rupture de la coquille et unités Haugh. Conjointement à la mesure des unités d’Haugh, le poids de la coquille (avec les membranes coquillières) a été déterminé puis le jaune a été séparé du blanc sur une surface en verre avant d’être pesés. L’Ardennaise s’est avérée être la meilleure race du point de vue de la qualité interne (proportion élevée du jaune : 0,62) et proche voire semblable aux autres races du point de vue de la qualité externe (solidité de la coquille : 34,41 N), alors que la Famennoise avait présenté une qualité de coquille semblable voire supérieure aux souches commerciales.

• 2ème étude (3ème article original)

Cent et un œufs de poules Famennoise âgées de 52 semaines ont été analysés pour leur qualité. L’étude s’est réalisée en deux phases. La première s’est déroulée au Laboratoire de Technologie des denrées alimentaires de la Faculté de Médecine Vétérinaire (FMV) de l’Université de Liège (ULg).

Une série de mesures (longueur et largeur des œufs, les poids des différents composant de l’œuf, l’épaisseur de la coquille et les pH du blanc et du jaune) ont été effectuées sur 80 œufs lors de ces premières études. La deuxième phase a été réalisée au Laboratoire “Egg Quality and Incubation Research Group” de la Katholieke Universiteit Leuven (KUL). Vingt et un œufs avaient été analysés en suivant les mêmes mesures réalisées dans les premières études. Le poids moyen de l’œuf entier était de 55,43 ± 3,03 g. Le rapport Jaune : Blanc était de 0,51 ± 0,05 et la Fmax était de 36,03 ± 2,16 N.

• 3ème étude (5ème article original)

Cette étude avait un double objectif :

Le premier objectif concernait la comparaison du poids de l’œuf, de poids et des proportions de ses différents composants (blanc, jaune et coquille), de la fraîcheur (pH du blanc et du jaune), la forme (Indice de forme) et l’épaisseur de la coquille de trois races de poules (Ardennaise, Famennoise et de Lohmann).

Le deuxième objectif était de comparer l’évolution de la fraîcheur des œufs des trois races lors de stockage.

Les résultats de l’étude se sont avérés très intéressants. Même si les races locales belges avaient présenté des poids d’œufs entiers inférieurs à ceux de la souche commerciale Lhomann, leur proportion en jaune et donc en matière sèche est de loin supérieure. De plus, les œufs de la Famennoise peuvent être commercialisés directement, leur poids moyens correspond à la classe moyenne « moyens » (M : 53 à 63 g) de la réglementation européenne.

Enfin, les œufs de l’Ardennaise et de la Famennoise se sont aussi bien conservés que ceux de la Lohmann.

Deuxième Partie : Evaluation de la situation actuelle de la poule locale en Basse Kabylie (Algérie)

1. Caractérisation des élevages avicoles traditionnels en Kabylie (6éme article original)

L’enquête s’est exclusivement portée sur l’aviculture traditionnelle et n’a pas concerné les élevages semi-industriels ou industriels. L’étude a donc été réalisée dans 30 villages répartis dans 10 communes de basse Kabylie, dans le Nord (2), le Centre (2), le Sud (2), l’Est (2) et le l’Ouest (2). Trois villages par commune ont été choisis pour l’enquête sur base de l'éloignement suffisant pour limiter les échanges. Trois éleveurs par village ont été choisis et interviewés par le même enquêteur suivant un questionnaire rédigé en français et traduit oralement en kabyle si nécessaire. Les informations recueillies ont concerné l’éleveur, son élevage, le système d’élevage, l’utilisation et la commercialisation des produits d’élevage et les perspectives. Au total, 90 ménages ont été enquêtés.

L’âge moyen des éleveurs interrogés était d’environ 52 ans (62 pour les femmes et 46 pour les hommes). Le niveau de scolarisation des personnes interviewées était faible avec un taux d’analphabétisme important. L’aviculture familiale est une activité principalement féminine en Kabylie. La prédominance des femmes a été observée dans notre enquête.

L’aviculture n’est pas considérée comme une activité principale en Basse Kabylie. D’autres animaux principalement les ovins, lapins, caprins et bovins sont élevés. Les principales cultures pratiquées par les éleveurs enquêtés se résument à certaines céréales et légumes. La majorité des éleveurs interrogés possédaient des figuiers (87,78 %) et des oliviers (93,33 %) ; la basse Kabylie étant la première région productrice de l’huile d’olive en Algérie, d’ailleurs l’huile d’olive (Zith ouzemmour) est assez souvent appelée en Algérie, huile de Kabylie.

2. Caractérisation Morpho-biométrique de l’Ardennaise (6ème et 7ème articles)

Les mêmes méthodes utilisées pour la caractérisation de l’Ardennaise dans le 2ème article étaient reprises pour la caractérisation de la poule kabyle.

Chez la poule de Basse Kabylie, le plumage est très varié ; les colorations les plus fréquentes sont le noir (17 %), le blanc (16 %), le doré (13 %) et l’argenté (11 %). La peau est blanche (44 %), rose (22 %), jaune (28 %) ou pigmentée noire (7 %). Les mêmes couleurs se retrouvent au niveau des pattes mais avec une fréquence beaucoup plus grande de jaune et de blanc, aussi bien chez les mâles que chez les femelles (blanc 40 % ; noir 7 % ; jaune 37 % et pigmenté noir 12 %). La crête simple et rouge est très fortement représentée. Les barbillons sont de la même coloration que les crêtes. Des variations très importantes ont été enregistrées pour les mensurations corporelles, les coefficients de variation allant de 7,5 % à 65,3 %.

3. Performance de croissance de la poule locale en Basse Kabylie

• 1ére étude (7ème article original)

Les mêmes techniques d’élevages cités ci-dessus ont été utilisées dans cette étude. Cent quatre-vingt quatre sujets ont été pesés une fois par semaine pendant 20 semaines. A la fin de l’élevage une mortalité de 6,5 % et un indice de consommation de 7,86 ont été enregistrés. A 140 jours, l’élevage avait atteint un poids moyen de 1.567,8 ± 384,6 g, 1.865,1 ± 306,7 g pour les coqs et 1.361,7 ± 286,0 g pour les poules.

Pour les mâles :

Pour les femelles :

• 2ème étude (6ème article original)

Sur les 160 œufs mis en incubation, 111 avaient éclos, conduisant à un taux d’éclosion de 69,37 %. A seize semaines d’âge, le poulet kabyle présentait un indice de consommation moyen de 4,97 et une mortalité de 11,71 %. A 16 semaines d’âge, les coqs avaient atteint un poids moyen de 1.603,98 ± 10,70 g, et les femelles 1.284,49 ± 9,49 g.

4. Performance de ponte de la poule locale en Basse Kabylie

Des poussins issus d’œufs collectés chez des villageois lors de l’enquête réalisée par Moula et al. (2009) ont été installés en même temps dans une poussinière. A la 18ème semaine d’âge, les poulettes, au nombre de 60, ont été transférées dans un poulailler équipé de cages individuelles sur 3 étages. Chaque poule a été pesée à l’âge de son premier œuf à l’aide d’une balance électronique à 1 g de précision. L’âge correspondant est aussi enregistré. La ponte a été enregistrée quotidiennement pour chaque cage, pendant 52 semaines de ponte. Le taux de ponte cumulé pour les périodes 38 à 42 semaines et 56 à 60 semaines d’âge est enregistré. Une série de mesures a été réalisée sur les 3 premiers œufs pondus chaque semaine par chaque poule pour les deux périodes de ponte (38-42 et 56-60 semaines). Trente œufs ont été pesés et analysés pour chaque poule pour les deux périodes (Au total 1.500 oeufs étaient concernés par l’étude). Chaque œuf a été étudié dans les quelques heures qui suivent sa ponte. Après numérotation des œufs, des mesures ont été effectuées (longueur et largeur des œufs, les poids des différents composant de l’œuf, l’épaisseur de la coquille et les pH du blanc et du jaune). Après la prise du poids de l’œuf, la longueur et la largeur de l’œuf sont mesurées par un pied à coulisse électronique, afin de déterminer l’indice de forme de l’œuf, défini comme étant le rapport de la largeur sur la longueur de l’œuf multiplié par 100. L’œuf est ensuite cassé au niveau de l’équateur. L’épaisseur de la coquille a été mesurée à l’aide d’un micromètre sur trois fragments pris au niveau de l’équateur, lavé afin d’éliminer les restes d’albumen et séché pendant 24 h à l’air libre. Les poids du jaune et de la coquille ont également été mesurés, ce qui a permis de déterminer le pourcentage de jaune et de coquille et de blanc.

Les mortalités durant l’élevage des poules en cage était de 16,67 % (10 poules). L’âge des poules aux premiers œufs pondus varie de 159 jours pour la poule plus précoce à 214 jours pour la poule la plus tardive avec une moyenne de 189 jours pour l’ensemble des poules élevées. Les poules atteignent un poids moyen de 1.351g au début de leur ponte ; avec des variations entre 1.150 et 1.521 g. Les poules avaient pondus en moyenne 163 œufs par an, ce qui représente un taux de ponte annuel moyen de 44,56 %.

Des différences significatives au seuil de p < 0,05 pour le taux de ponte (51,16 Vs 44,68 %), poids de l’œuf (50,23 Vs 54,32 g), poids du Blanc (29,01 Vs 31,34 g), poids du Jaune (15,36 Vs 16,8 g) et le poids de la coquille (5,86 Vs 6,18 g) étaient enregistrées entre les deux périodes de ponte (38-42 et 56-60 semaines. Cependant aucune différence significative (p > 0,05) n’a été enregistrée dans les proportions du Blanc (57,73 Vs 57,69 %), du Jaune (30,59 Vs 30,93 %) et de la Coquille (11,68 Vs 11,38 %) ainsi que dans l’épaisseur de la coquille (0,363 Vs 0,350 mm), la forme de l’œuf (75,50 Vs 74,85) et dans le rapport Jaune/Blanc (0,53 Vs 0,54).

De ces deux articles sur la poule Kabyle, il ressort que :

• la poule est au centre de nombreuses circonstances de la vie socioculturelle, économique et religieuse ;

• l’aviculture familiale est la seule activité de production animale à la portée de toutes les couches sociales, particulièrement les femmes et les jeunes ;

• la poule Kabyle présente une grande diversité phénotypique ;

• l’intensification et l’industrialisation de la production animale ont freiné le développement de la poule Kabyle ;

• les performances de croissance et de ponte ainsi que la qualité de leurs productions (œufs) de la poule Kabyle sont très intéressantes.

3ème Partie : Caractérisation de l’élevage de la race de poule Ri au Nord du Vietnam

Sur le plan économique, l’élevage avicole est très important au Vietnam, il vient en deuxième position, juste après celui du porc. Cet élevage est dominé par les races de poules locales (158 millions Vs 30 pour les poulets industriels). Les races de poules locales associées aux races de canard local, représentent plus de 80 % de la population nationale avicole vietnamienne.

En absence d’informations descriptives ainsi que d’éléments sur les principales utilisations et les performances de races de poules locales au Vietnam, cet article consiste en une étude sur la première race Vietnamienne, la race Ri. Les principaux objectifs de cette recherche concernaient la caractérisation et l’évaluation morpho-biométrique et de potentiel productif de la poule Ri.

La caractérisation phénotypique des populations de la race Ri a été réalisée dans les provinces de Hòa Bình et Hanoi. Cette étude propose une définition de la race Ri composée de 6 variétés : Fauve, Saumon dorée, saumon argentée Froment, Noir cuivre et Rouge acajou. Les poids adultes des coqs (1,9 à 2,9 kg) et poules (1,3 à 1,5kg). Les poules pondent en moyenne 65 œufs par an. Elles couvent 2 à 4 fois par an avec en moyenne de 10 à 15 œufs par couvaison.

Les poids moyens à enregistrés à 4, 8, 12, 16 et 19 semaines d’élevage étaient respectivement de 188 g, 446 g, 838 g et 1286 g pour les femelles et de 212 g, 589 g, 1047 g, 1660 g et 1838 g pour les males.

Les équations de Gompertz estimées pour la race Ri sont :

Pour les mâles :

Pour les femelles:

Les femelles parviennent les premières à leur poids d’inflexion : 631 g lors de la 9ème semaine. Tandis que les coqs atteignent leur poids d’inflexion deux semaines après les femelles et ce poids est de 1.028 g.

L’indice de consommation calculé à la fin de la 19éme semaine était de 6,36. La mortalité à la fin d’élevage était de 15,49 %.

L’étude de la qualité des œufs a conduit aux résultats suivants: des poids d’œuf de 38,78 ± 0,57 g et 45,20 ± 0,61 g à 40 et à 60 semaines d’âge.

L’épaisseur de la coquille est passée de 32,42 ± 0,45 (×10-2 mm) à 40 semaines d’âge à 26,56 ± 0,50 (×10-2 mm) à 60 semaines d’âge. La force maximale de rupture de la coquille enregistrée n’était pas significativement différente entre 40 et 60 semaines d’âge. Elle est de 38,59 ± 0,81 N pour le premier âge et de 37,63 ± 0,88 N pour le deuxième âge.

La présente étude a permis de relever que l’élevage de poule de race RI constituait une activité familiale concernant tous les membres de la famille. Cet élevage contribuait pleinement à la résolution de certains problèmes financiers. Ainsi en dynamisant cette activité en milieu villageois, elle conduirait à l’épanouissement des populations rurales. Les principales contraintes limitant le développement de ce sous secteur de l’aviculture vietnamienne sont d’ordre logistique, alimentaire et sanitaire.

4ème Partie: Caractérisation de l’élevage de poule locale dans la province de Bas-Congo

L’importance des ressources génétiques au double plan écologique et économique n’est plus à démontrer. Devant la gravité de la détérioration de ces ressources dans le monde, la nécessité d’un plan d’action de préservation de la biodiversité s’impose avec force afin de freiner les dégradations que subissent les ressources génétiques.

Une enquête sur les systèmes de production de l’aviculture familiale a été menée auprès des propriétaires de volailles sur l’ensemble de la province du Bas-Congo.

Ce type d’élevage joue un rôle important dans l'alimentation, dans des cérémonies et en tant que forme de réserve de trésorerie pour les populations locales au Bas-Congo. Cependant, le développement de ce type d’élevage est retardé par des paramètres tels que les maladies, l’alimentation, l’habitat, les prédateurs. Nos observations ont montré que le système d’élevage le plus répandu était traditionnel. La caractérisation phénotypique des populations de poules locales a été réalisée dans 24 villages de la province du Bas-Congo. Quatre cent nonante et un sujets adultes ont été mesurés et photographiés. Les oiseaux présentaient des poids de 1.026,70 ± 72,02 g chez les mâles et de 902,77 ± 19,76 g chez les femelles. La fréquence de la couvaison était de 2 à 4 fois par an avec, en moyenne, 10 à 12 œufs par couvaison. Le taux d’éclosion était d’environ 85 %.

La diversité morphologique était caractérisée par la présence, à faible fréquence (1 à 13 %), d’une assez grande panoplie de coloration de plumage.

L’amélioration de la situation économique et nutritionnelle des paysans du Bas-Congo, peut être envisagée en augmentant le potentiel de production des poulets locaux. Pour atteindre cet objectif, une attention particulière devra être accordée à une amélioration génétique, une alimentation équilibrée, une meilleure conduite et de bons soins sanitaires de ces volailles.

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