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Page de résumé pour ULgetd-09282009-103311

Auteur : Yardim, Muserref
E-mail de l'auteur : muserrefyardim@yahoo.fr
URN : ULgetd-09282009-103311
Langue : Français/French
Titre : La pensée politique et religieuse du "rénovateur ottoman" (islamci) Said Nursî de 1908 à 1926
Intitulé du diplôme : Doctorat en langues et lettres
Département : Philo & Lettres - Département des sciences de l'Antiquité
Jury :
Nom : Titre :
Bauloye, Laurence Membre du jury/Committee Member
De Smet, Daniel Membre du jury/Committee Member
Schallenbergh, Giovanni Membre du jury/Committee Member
Strauss, Johann Membre du jury/Committee Member
Bauden, Frédéric Promoteur/Director
Geoffroy, Eric Promoteur/Director
Mots-clés :
  • Tanzimat
  • 31 Mart Vakasi
  • Islamci
  • modernité
  • Monarchie constitutionnelle ottomane
  • Abdülhamid
  • Bediüzzaman
Date de soutenance : 2010-07-07
Type d'accès : Mixte
Résumé :

La société ottomane, qui connaît une série de changements avec les tentatives de réformes de l’État à partir du XIXe siècle, est témoin d’une sécularisation. L’idéologisation de l’islam devient, à partir de cette date, plus spécifique. La politique d’Abdülhamid II (1876-1909), les Jeunes Ottomans et les rénovateurs ottomans attribuent aux principes islamiques une validité dans le monde moderne.

Said Nursî, né à la période de la Première Monarchie constitutionnelle et ayant assisté à la naissance de la République turque, tente d’adapter son discours religieux et politique aux exigences de la société ottomane et turque de l’époque. Ses activités sont implantées tant dans le domaine religieux que dans le domaine social et politique. Il réussit à fonder un mouvement après la création de la République qui non seulement a marqué l’histoire moderne de la Turquie républicaine, mais qui continue encore de se manifester à l’heure actuelle avec un dynamisme social à travers les dershane , les maisons d’édition, les médias, les institutions et les organisations. Le mouvement nurcu, nurculuk, qui prétend être moderne en même temps que fidèle aux principes religieux, suscite un grand intérêt d’étude pour l’histoire de l’islam contemporain.

Vu la place du mouvement nurcu et de son fondateur, le choix de notre étude n’est pas fortuit. Nous avons d’ailleurs consacré notre mémoire de licence aux problèmes relatifs à la foi musulmane chez l’auteur. Ce travail a mis en exergue quelques aspects de sa pensée rénovatrice en partant de la question de la foi : il n’y a pas de rupture entre Nursî et les rénovateurs classiques tels que Ghazâli (1058-1111) et Ibn Taymiyya (1263-1328) ni ses contemporains, comme Muhammad Abduh (1849-1905). Nous avons par ailleurs trouvé l’occasion de poursuivre notre travail avec l’étude sur la « purification de l’âme » chez Nursî durant notre recherche de master. Notre analyse nous a toutefois montré qu’un travail plus détaillé en ce qui concerne les caractéristiques de sa pensée sur la mystique musulmane et les confréries était indispensable. Néanmoins, il nous a été possible de mettre en évidence sa conformité avec les grands maîtres mystiques classiques auxquels il fait abondamment référence dans ses écrits. Il nous incombait donc de continuer sur cette voie et d’entamer une thèse de doctorat sur l’auteur.

Said Nursî et le mouvement nurcu ont fait l’objet de nombreuses études. Parmi les travaux de références dignes d’être retenus, il faut signaler celui de Şerif Mardin, Religion and Social Change in Modern Turkey, The Case of Bediüzzaman Said Nursî ; celui de Hakan Yavuz, Islamic Political Identity in Turkey ; celui de Şükran Vahide, Islam in Modern Turkey: An intellectual Biography of Bediüzzaman Said Nursî ; et celui de Safa Mürsel, Bediüzzaman Said Nursî ve Devlet Felsefesi . Par contre, très peu d’études ont été réalisées en langue française. Il existe également un nombre assez important d’articles et de travaux dont la majorité est l’œuvre de ses partisans. Mais ceux-ci se concentrent en grande partie sur la période d’après la création de la République turque, dite période du « Nouveau Said ». Or c’est précisément la période d’avant qui prépare le champ intellectuel de Nursî.

Nursî distingue dans sa vie la période de l’« Ancien Said » et celle du « Nouveau Said », née à la suite de son « éveil spirituel ». L’abandon des préoccupations politiques est présenté comme le point de la rupture dans cette subdivision. Le « Nouveau Said » est, d’après l’auteur, totalement coupé du monde politique. Cette périodisation est également adoptée par ses adeptes, qui valorisent davantage le « Nouveau Said » ; ce qui explique en partie l’absence, notamment parmi les adeptes, de travaux réservés à la pensée politique de leur maître.

Un travail sur Nursî se fait de deux manières en Turquie : soit vous êtes l’un de ses adeptes et vous le magnifiez ; soit vous vous présentez en ennemi et vous en faites une personne hostile au régime républicain laïc. En effet, une étude qui se veut scientifique sur Nursî rencontre certaines difficultés, car les recherches ne dépassent pas le cadre des travaux qui découlent de l’idéologie officielle turque ou de la large production nurcu, qui s’inscrit dans la diversité du mouvement. Il ne nous a pas été facile de mener notre recherche en Turquie dans ces conditions. De plus, nous avons été l’objet de vives contestations de parts et d’autres : accusée d’être une adepte et une défenseuse des idées de Nursî et critiquée par les nurcu quant au présent travail sur sa pensée politique.

Notre travail se donne pour objectif de déterminer le rapport de Said Nursî à son temps. En d’autres termes, il est question de savoir comment il adapte son discours, tant religieux que politique, à l’esprit de son temps : est-il moderne ou traditionnel ? Qu’entend-il par « modernité » ? Nous tentons de mettre en exergue les traits de sa démarche qui se revendique à la fois moderne et fidèle aux principes religieux du courant islamcı, renouveau ottoman attesté au début du XXe siècle, et plus précisément durant la Seconde Monarchie constitutionnelle. Contrairement à l’usage fréquent qui traduit islamcı par « islamiste », nous préférons le traduire par « rénovateur ottoman » afin de mettre en valeur sa spécificité, surtout celle de la période de la Seconde Monarchie constitutionnelle.

En plus de se conformer aux principes du renouveau islamique, le renouveau ottoman a des préoccupations politiques. Étant donné la situation et les événements politiques de l’Empire ottoman, il se développe autour de la question de la décadence de l’Empire. Bien qu’il fasse de la Shari’a son fondement, il met en avant la dimension sociale et politique de l’islam en l’idéologisant. Une « modernité islamique » devient ainsi concevable sous la plume des rénovateurs ottomans.

Les idées politiques des rénovateurs ottomans sont relativement connues du public, mais la pensée politique de Nursî n’a pas été assez développée. Nous en savons peu sur sa philosophie d’État : quels devraient être, selon lui, les principes d’un État islamique à l’époque moderne ? Comment a-t-il réagi à l’instauration de la monarchie constitutionnelle ? A-t-il eu un rôle actif dans des partis ou dans des associations à tendances politiques ? Est-il favorable à la mise en place d’un régime républicain ? Comment voit-il l’abolition du califat ? Quelle attitude adopte-t-il face aux courants nationalistes, notamment le turquisme et le kurdisme ? Quelles sont pour lui les valeurs sur lesquelles la société ottomane doit être fondée, d’après les activités politiques de l’Empire ? Nous allons simultanément tenter de déterminer sa place au sein du renouveau ottoman en le comparant aux rénovateurs ottomans du XXe siècle : où se situe-t-il, par rapport à ces derniers, aux niveaux politique et religieux ?

Le cadre historique de notre travail s’étend de 1908 à 1926. Ces années sont le témoin de changements radicaux dans l’Empire ottoman dans les domaines économique, militaire, administratif, social et politique donnant naissance à la République turque. C’est à partir de 1908, avec la proclamation de la Seconde Monarchie constitutionnelle, qu’on trouve les premiers écrits de Nursî, notamment sur les problèmes sociopolitiques de l’époque. Ses articles, que nous avons utilisés surtout dans la dernière partie de notre travail, ont été rédigés à partir de cette date et intégrés dans la Risâle-i Nûr (Épître de la lumière) avec certaines variantes.

Notre étude se fonde en grande partie sur des sources ottomanes et turques. Mais nous avons également accordé une grande importance aux sources occidentales. Concernant les œuvres de Nursî, nous avons utilisé plusieurs éditions, toutes en turc ottoman, mais transcrites en caractères latins. La raison de cette diversité est que chaque branche du mouvement nurcu a sa propre maison d’édition qui présente un contenu différent de l’œuvre de leur maître. Certaines éditions ont soit ignoré, soit modifié certains passages de la Risâle-i Nûr. L’« assouplissement » des passages faisant référence à l’identité kurde de Nursî ou à la région orientale en constituent de bons exemples. Nous avons attiré l’attention sur ce point dans notre travail.

Nous avons également fait appel à la littérature auxiliaire, constituée des travaux des élèves de Nursî, de ses partisans ou de personnages qui ont publié dans les maisons d’éditions des adeptes. Nous nous sommes basée sur ces travaux pour la rédaction de la partie biographique de l’auteur. Mais ce recours nous a confrontée à deux problèmes : une incohérence dans les dates et une présentation d’un Nursî magnifié et surnaturalisé.

Dans la première partie de notre travail, nous traçons les traits importants de la vie de Nursî, ceux qui ont eu un impact considérable sur la formation de ses idées ainsi que sur son œuvre exégétique, la Risâle-i Nûr, et son mouvement. C’est après 1926 que Nursî se consacre à la rédaction de la plus grande majorité de sa Risâle-i Nûr. Il s’agit d’une collection d’une centaine d’épîtres avec un contenu aussi bien religieux que politique. Considérée comme une exégèse coranique « inspirée » qui s’adresse à l’homme « moderne », la Risâle-i Nûr prétend lui fournir les moyens de mener son existence sans devoir renoncer à son héritage islamique. La chaîne d’étudiants autour de Nursî forme la base du mouvement nurcu, qui voit le jour dès les premières années de la République.

La deuxième partie de notre travail se penche d’abord sur l’histoire politique et intellectuelle de la dernière période de l’Empire. Le déclin de ce dernier, qui s’accentue au XIXe siècle, est considéré dans un premier temps dans le cadre militaire. Il est question de « moderniser » l’armée. Toute une série de réformes de « modernisation » ou « d’occidentalisation », dont les plus importantes sont celles des Tanzimat et d’Islahat, sont ensuite mises au point afin de freiner la chute de l’Empire.

Pendant qu’il est question de déclin militaire, l’Empire connaît également un épanouissement intellectuel, qui débute notamment avec les Jeunes Ottomans à la seconde moitié du XIXe siècle. Ces derniers prêtent une attention particulière aux réformes des Tanzimat, condamnées parce qu’elles ont été conçues sans tenir compte des principes islamiques. La place de l’islam dans le contexte ottoman, par rapport à la modernité occidentale, est dorénavant discutée. Les courants idéologiques de la Seconde Monarchie constitutionnelle, qui s’intéressent également à la question du redressement de l’Empire ottoman, adoptent une attitude différente à l’égard de l’islam dans la modernité. Les courants occidentaliste et turquiste, batıcılık et türkçülük, proposent de réduire la place de la religion dans un monde moderne. Quant au courant rénovateur ottoman, il tente de concilier l’islam et la modernité en assignant à l’islam un nouvel aspect idéologique.

Nous établissons ensuite les caractéristiques du renouveau ottoman ; qui consistent en une action à la manière « japonaise » lorsqu’il s’agit d’imiter l’Occident, en le retour aux sources qui sont censées renfermer les principes permettant le progrès, en l’importance accordée à la raison dans l’explication du religieux et en l’individualisation de la compréhension religieuse. Une comparaison brève avec le renouveau oriental est présente afin de situer le renouveau ottoman dans l’univers du renouveau musulman. Les rénovateurs ottomans semblent présenter des caractéristiques comparables à celles des rénovateurs orientaux.

Notre travail se poursuit avec la présentation de la pensée religieuse de Nursî ; avec les tentatives de renouveau qu’il envisage dans le domaine de la théologie, qui n’est plus apte à répondre aux exigences du monde moderne, et son effort pour ramener la « foi par l’imitation » au degré de la « foi par la recherche ». Il est également soucieux d’établir de nouvelles terminologie et mentalité philosophiques. Cependant, ses propos sur l’ouverture des portes de l’effort d’interprétation personnelle semblent différer quelque peu du message rénovateur. Nous terminons la deuxième partie par le rapport de Nursî avec la mystique musulmane et le rôle qu’il occupe dans son activisme politique.

Notre dernière partie traite du caractère propre aux rénovateurs ottomans qu’est la préoccupation politique. Afin de déterminer la compatibilité des idées politiques de Nursî avec celles des rénovateurs, nous recourrons à une comparaison. Les rénovateurs ottomans faisant l’objet d’étude de notre dernière partie sont ses collègues de l’Institut religieux Dar-ü’l Hikmet Islamiyye comme Mehmed Akif Ersoy (1873-1936) et Elmalılı Hamdi Yazır (1877-1942) ; le Şeyhülislam Musa Kazım (1858-1919), le Grand vizir Said Halim Paşa (1863-1921) et Babanzâde Ahmed Naim (1872-1934). Ne perdant pas de vue que la pensée des Jeunes Ottomans constitue un appui aux idées du renouveau ottoman, nous faisons quelques références à ces derniers ; notamment dans la partie réservée à la politique. Le désir de chercher la source des institutions occidentales dans les principes islamiques se retrouve chez eux avant d’être adopté par les rénovateurs ottomans.

Nous verrons comment les notions telles que la constitution (kanun-i esasî) et l’assemblée générale (meclis-i mebusan) (…) acquièrent une acception religieuse. En d’autres termes, nous envisagerons la manière dont les rénovateurs ottomans et Nursî justifient les institutions occidentales en termes islamiques en les présentant, non pas comme des éléments nouveaux, mais comme un retour au véritable esprit de l’islam.

Nous analysons cette partie à travers trois concepts. Les instruments politiques nous renseignent sur les moyens d’exercer ce pouvoir : le conseil, la consultation, les partis politiques et les élections. Les principes et les systèmes, qui sont les mieux adaptés pour gouverner la société ottomane, sont étudiés à travers les modes de gestion politique : le régime constitutionnel, la démocratie, l’absolutisme, tant d’Abdülhamid II que des Jeunes Turcs, le califat, le sultanat, la république, la laïcité, le nationalisme, avec le turquisme et le kurdisme, et la politique de l’unité islamique. La liberté, l’égalité et la justice constituent les idéaux politiques qui doivent triompher dans la société ottomane à la suite de ces activités politiques. Ces concepts nous permettent d’appréhender la dimension politique de l’œuvre de Nursî et celle des rénovateurs ottomans de la Seconde Monarchie constitutionnelle.

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