Les glioblastomes sont des tumeurs du cerveau comptant parmi
les plus fréquentes et les plus agressives. En effet, l’espérance de vie
médiane des patients est d’environ quinze mois après diagnostic. Malgré
d’intenses recherches et l’utilisation de traitements combinant la
chirurgie, la radiothérapie et la chimiothérapie, le pronostic des patients
n’a guère évolué depuis une vingtaine d’années. Ces tumeurs sont
caractérisées par la présence de diverses altérations génétiques et,
généralement, par une activation constitutive du facteur de transcription
NF-κB. Étant un régulateur majeur de l’apoptose et de la survie cellulaire,
ce facteur pourrait jour un rôle central dans la résistance des
glioblastomes aux diverses thérapies.
Au cours de ce travail, nous avons étudié les effets de l’inhibition
du NF-κB sur la mort cellulaire des glioblastomes induite en réponse à un
traitement par PDT, dont l’efficacité repose sur la production d’espèces
réactives de l’oxygène suite à la présence simultanée d’un
photosensibilisateur, de lumière et d’oxygène. Ainsi, nos résultats
montrent que les cellules dans lesquelles le NF-κB est inhibé présentent
une sensibilité accrue au traitement par rapport aux cellules non-
inhibées. De plus, cette augmentation de mort cellulaire est
majoritairement due à de la nécrose. Le traitement par PDT conduit
également à l’apparition d’autophagie cytoprotectrice dont l’inhibition
améliore l’efficacité du traitement.
Nous nous sommes ensuite focalisés sur la mort par nécrose et
avons démontré l’implication de la kinase RIP3 dans la mort nécrotique
induite par PDT. Il est apparu que l’oxygène singulet produit au cours du
traitement était à l’origine de la nécrose RIP3-dépendante. Cependant,
les intermédiaires transductionnels et la manière dont le NF-κB exerce ses
effets anti-nécrotiques demeurent encore inconnus.
Enfin, afin de mieux comprendre le rôle joué par RIP3 dans la mort
induite par PDT, nous avons utilisé la lignée d’ostéosarcome U2OS,
déficiente en cette protéine, et au sein de laquelle nous en avons
restauré l’expression. De manière surprenante, les cellules sauvages se
sont révélées plus sensibles au traitement que les U2OS exprimant RIP3.
De plus, la lignée RIP3-U2OS montre un taux d’apoptose supérieur à celui
de son homologue sauvage. Cette divergence peut en partie s’expliquer
par une induction d’autophagie plus importante au sein des RIP3-U2OS.
Celle-ci, pouvant être un mécanisme pro-survie, peut leur conférer une
protection contre la mort cellulaire en facilitant l’élimination des
organelles endommagés. Enfin, nous avons déterminé que les cellules
sauvages présentent un taux de nécrose plus important que les cellules
RIP3-U2OS en réponse au traitement.
Nos résultats ont dont permis de prouver (i) que l’inhibition du NF-
κB améliorait la sensibilité des glioblastomes à la mort cellulaire induite
par un traitement par 5-ALA-PDT, (ii) que celle-ci était, dans ce cas,
majoritairement de la nécrose RIP3-dépendante et (iii) de mettre au jour
un rôle pour RIP3 dans la régulation de l’apoptose et de l’autophagie
induites par PDT.